Depuis un bon moment je rêve de posséder un immeuble à revenu comme un triplex ou un quadriplex pour y vivre et en tirer des revenus. J’en ai déjà visité plusieurs sans avoir encore trouvé le mien. Je sais que le marché actuel est difficile. Mais cette semaine j’ai eu droit à une véritable douche d’eau froide.
Sur le site internet pour chercher les immeubles à vendre par un agent d’immeuble, sia.ca, j’ai fait une petite recherche pour voir si un petit immeuble pouvant m’intéresser s’y trouvais. J’ai découvert un triplex, en ville, près de tout les services, qui avait l’air charmant sur la photo, un bel immeuble en brique rouge. J’ai donc été faire un tour dans la rue où il se trouve avec ma voiture. J’ai été agréablement surpris. Des fenêtres toutes neuves, et des balcons récents me laissaient présager quelque chose de très potable. Une visite s’imposait.
Je contacte donc l’agente d’immeuble. Je veux aller le voir. Son prix est à la limite de ce que je suis capable de m’offrir mais si c’est aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, ce ne sera pas un problème. Une phrase que m’a dite l’agente aurait dû me mettre la puce à l’oreille: «Ce sont des logements. Ça ne peut pas être aussi beau qu’une maison.»
Je me rend finalement sur les lieux, au moment convenu. Je suis à logement depuis sept ans. J’ai vécu dans plusieurs appartements différents dans plusieurs villes et j’ai visité quelques taudis dans ma vie. Ce triplex était clairement composé de certains des pires logements qu’il m’a été donné de voir. Tout tombait en ruine. En ajoutant le prix des rénovations nécessaires pour le rendre habitable, il devenait litérallement hors de prix.
Tous les balcons, pourtant récents, se sont avérés tous croches, avec les gardes de fer forgé arrachés des murs de brique, signe que les balcons ont bougées. Les planchers gondolaient d’une manière incompréensible. Les armoires de cuisine et de salle de bain avaient au moins quarante ans et tombaient en ruine. Les couvres-planchers étaient crevassés et fendus à plusieurs endroits, laissant apparaître le contre-plaqué formant le plancher. Les plafonds en tuiles acoustiques étaient tellements vieux que les tuiles sont devenues d’un jaune douteux. Jamais je ne voudrais être locataire de tel logements, et là il faudrait que j’en devienne propriétaire pour y habiter? Non merci. Il doit avoir mieux ailleur. Je plaint les locataires de cet immeuble qui n’ont pas su trouver mieux pour se loger.
Il ne faut pas abandonner pour si peu. En revenant chez moi j’ai vu une pancarte «À vendre» sur un coquet petit bloc, probablement un triplex, tout fait en bois dans une belle rue de la ville. Fébrillement je prend le numéro de téléphone en note. J’appelle tout de suite après souper, pour me faire répondre par une vielle madame que c’est vendu. Domage, je l’ai vu trop tard. Il devait être très intéressant pour se vendre aussi rapidement.
Téléphone de ma mère. Il y a un petit immeuble à vendre sur le chemin vers son lieu de travail. Ha oui? Je prend tout de suite ma voiture pour aller le voir, noter le numéro de téléphone écrit sur la pancarte à vendre, peut-être aller frapper à la porte si l’immeuble m’intéresse. Je me stationne en face. J’étais en train de noter le numéro de téléphone lorsqu’un homme est venu enlever la pancarte. Wow. Ça part vraiment vite!
J’avoue que je suis découragé un peu. Les immeubles à vendre sont soit moches et trop cher, soit ils disparaissent vite comme l’éclair. Est-ce même un objectif réaliste que d’avoir un immeuble locatif à moi dans la situation actuelle? Je commence à douter.
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